Pourquoi changez-vous de travail plus souvent que vous ne le souhaiteriez ?
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Trop de changements de poste ?
Et si ce n’était pas (seulement) votre faute ?
Il vous arrive de revoir votre CV avec une légère gêne. Les postes s’enchaînent, les durées raccourcissent, et chaque nouvel entretien commence par cette même remarque :
« Vous avez changé plusieurs fois d’établissement en peu de temps… »
Vous le savez. Ce n’est pas l’idéal. Ce n’était même pas voulu. Pourtant, les faits sont là. Et il faut bien répondre. Se justifier, parfois. Chercher les mots justes pour expliquer ce que vous ressentez à demi.
Mais avant de penser à ce que l’on attend de vous, peut-être faut-il poser la question autrement :
Pourquoi cela se répète-t-il ?
Et surtout : s’agit-il d’un vrai problème ou simplement d’un symptôme d’un métier exigeant, souvent précaire, et rarement compris dans toute sa complexité ?
Le poids d’un métier mal réglé
La restauration, on le sait, est un univers à part. Le rythme est soutenu, la pression constante, les horaires irréguliers. On s’y donne entièrement, parfois au prix de sa santé, de son équilibre ou de sa vie personnelle. Ce n’est pas une plainte, c’est un constat partagé par la majorité de ceux qui y travaillent depuis plus d’une saison.
Certains établissements promettent une chose et en imposent une autre. Des heures non payées, des plannings sans préavis, des conditions physiques extrêmes ou des responsables instables. Il est alors difficile de s’engager sur la durée. On tient quelques semaines, quelques mois au mieux. Et quand l’épuisement arrive, on part, souvent sans fracas, mais avec l’impression d’un échec de plus.
Dans ces cas-là, partir n’est pas un caprice. C’est une forme de protection. Une manière de rester debout.
Mais tout ne vient pas forcément de l’extérieur
Il faut aussi savoir regarder les choses en face. Il arrive qu’un environnement de travail soit sain, mais que malgré tout, l’envie s’essouffle rapidement. Les projets s’évanouissent, la lassitude revient, le besoin de changer se fait sentir sans raison évidente.
Alors, il est utile de s’interroger :
Est-ce que je donne à chaque poste une vraie chance ? Est-ce que je prends le temps de m’intégrer, de comprendre les règles, les dynamiques, les personnalités ? Est-ce que je pars au moindre inconfort… ou est-ce que je sais affronter ce qui me dérange ?
Se poser ces questions n’est pas une remise en cause négative. Au contraire, c’est ce qui permet, avec le temps, de sortir des schémas répétitifs et de construire une carrière plus stable, à son propre rythme.
La fidélité n’a de valeur que si elle est libre
On a souvent tendance à valoriser la longévité dans un poste, comme si rester signifiait toujours compétence ou loyauté. Mais rester longtemps dans un environnement déséquilibré, c’est parfois seulement un manque d’alternative, ou pire : une peur de changer.
La fidélité n’a de sens que si elle est choisie. Et pour cela, il faut d’abord pouvoir partir. Partir quand les conditions ne sont pas respectées. Partir quand on n’évolue pas. Partir quand l’on ne se reconnaît plus dans ce que l’on fait, ni dans la façon dont on le fait.
Cela ne signifie pas renoncer. Cela signifie avancer.
Il existe des lieux où l’on peut s’ancrer
Tous les restaurants ne se ressemblent pas. Il y a des endroits où l’on forme vraiment, où l’on écoute, où l’on respecte les engagements, les plannings, la parole donnée. On ne les repère pas toujours au premier coup d’œil. Il faut parfois plusieurs essais, plusieurs erreurs pour les trouver.
Et parfois, il faut aussi avoir changé de poste plusieurs fois avant d’être prêt à s’installer quelque part pour de bon.
TIP CREWIOO
Changer régulièrement n’est pas en soi un défaut. Mais à chaque départ, il vaut la peine de se demander : suis-je en train de fuir, ou de choisir mieux ? C’est là que commence le vrai mouvement.
